Jeudi 19 oct :
Au lever, nous apercevons cinq 4x4 qui ont bivouaqué pas très loin de nous. Ce sont les grenoblois, nous reconnaissons le HDJ 80 de Patrick et Marie qui est violet !
Après un petit appel à la CB, ils nous rejoignent pour un petit bonjour et nous reprenons la route. Ils roulent plus vite que nous mais nous les retrouvons plus loin à la station essence, où nous nous arrêtons également pour faire le plein. C’est la dernière station avant la frontière et dans cette région du Sahara occidental le gasoil est moins cher puisqu’il est détaxé (0,40€ le litre). Le Maroc gère cette région, même si sur les cartes il existe toujours une frontière, ce n’est plus le cas dans la réalité. Une fiscalité avantageuse a été mise en place par le gouvernement pour inciter les marocains à s’y installer et à occuper cette région. Des recherches en pétrole ont été faites, mais ??
Nous sympathisons avec le groupe, ils sont accompagnés de Pierrot, un personnage de 75 ans qui voyage seul en 4x4 et qui connaît très bien la Mauritanie, c’est leur guide pour ce voyage.
Nous sommes rassurés de passer la frontière avec eux, la police demande souvent des bakchich mais Pierrot a l’habitude et ça se voit. Tout se passe bien dans le calme et la bonne humeur, les visas sont négociés à 20 € par personne, rien à dire, et nous passons tous les postes de contrôle sans trop de difficultés. Merci Shi Bani !
Nous arrivons à Nouadhibou en fin d’après midi, et nous installons au camping avec nos nouveaux amis. Ali le patron part avec Pierrot nous acheter des langoustes vivantes que nous mangerons grillées au barbecue, un délice !!!!
Vendredi 20 oct :
Après réflexion, nous décidons de continuer avec le groupe, ils descendent dans le banc d’Arguin puis remontent après dans la région d’Atar. Ils sont très sympas, ça nous fait du bien de partager quelques jours avec des français, et puis c’est plus rassurant d’emprunter certaines pistes à plusieurs véhicules, nous n’aurions pas tenté certains endroits tout seul !
Avant de rentrer dans le banc d’Arguin, nous prenons le bitume sur quelques kilomètres.
Un 4x4 Toyota tout neuf, nous dépassent à vive allure, nous le retrouvons malheureusement sur le toit un peu plus loin. La route est rectiligne, aucun obstacle, le chauffeur s’est endormi, il fait très chaud, heureusement les 2 personnes sortent de la voiture indemne, c’est un miracle quant on voit la voiture. Le passager est un peu sonné, mais il explique en anglais qu’il travaille pour une compagnie minière et qu’il doit les contacter à tout prix. Patrick et Marie, le prenne à bord de leur 4x4, c’est sur notre chemin. Le chauffeur mauritanien lui reste sur les lieux, la voiture est remplie de matériel technique.
Nous déposons le passager au poste de police de Chami.
Nous entrons dans le parc du Ban d’Arguin et franchissons nos premières dunes jusqu’au Cap Tafarit. Cet endroit préservé est réputé pour la pêche mais aujourd’hui pas de touche pour David à part quelques algues, par contre l’eau est super bonne.
Nos amis ont du mal à se décider pour le trajet du lendemain, une partie de la piste ne se fait qu’à marée basse ! Et certains ont un impératif, ils doivent rejoindre Nouakchott pour récupérer les enfants à l’aéroport. Eh oui il faut plus d’une semaine pour descendre en 4x4, cela permet aux enfants de ne pas trop manquer l’école.
Samedi 21 oct :
Suite au briefing de la veille, Pierrot a mis la pression, du coup tout le monde est matinal, départ 8h30, nous traversons le banc d’Arguin, jusqu’à Mouanghar, là nous avons la chance de voir beaucoup d’oiseaux, des flamants roses, des ibis, des pélicans, des cormorans……
Nous sommes finalement dans le timing pour faire la piste à marée basse, nous prenons même notre temps pour pique niquer au bord de l’eau.
Et c’est parti ! C’est une expérience unique de pouvoir rouler pendant des kilomètres sur la plage, de grandes dunes se jettent dans la mer, nous traversons quelques villages de pêcheurs, certains rentrent de la mer, 2 grands noirs nous demandent une cigarette, nous leur offrons au passage.
Nous regagnons la route, et le groupe se sépare, Cathy, Patrick et Marie prennent la direction de Nouakchott pour récupérer les enfants à l’aéroport, alors que nous continuons par les pistes avec le reste de groupe.
Nous trouvons un bivouac aux pieds des dunes, le vent s’est levé et nous dînons avec quelques grains de sable dans nos verres et assiettes. Du coup nous ne tardons pas avant d’aller nous coucher. Je m’endors très rapidement. Alors que David est en train de lire éclairée par sa frontale, Henry Pierre l’interpelle, il a vu des lumières au loin. On éteint toutes les lumières pour ne pas se faire repérer. Ils aperçoivent au loin trois 4x4 décapotables, conduits par des hommes emmitouflés dans leur chechs. Ils ressemblent à ceux que nous avions aperçus la veille, le S BOLA ?? Bizarre quand même à cette heure sur cette piste peu empruntée ? Bref ils passent et ne s’arrêtent pas tant mieux !
Dimanche 22 oct :
Nous roulons jusqu’à Benichab, où se trouve la principale source d’eau de la Mauritanie. L’eau embouteillée du pays provient toute de cette région. Nous nous attendions à voir un village au moins, voir une usine, rien. Nous rentrons dans un grand enclos, deux locaux sont en train de remplir un camion citerne, nous leur demandons si nous pouvoir remplir nos réservoirs. Ils acceptent gentiment sans contrepartie, nous leur laissons une casquette et un peu d’argent.
Nous retrouvons le reste du groupe sur la route juste avant Akjoujt. Nous en profitons pour quelques courses, eau, légumes, pain ……
Lundi 23 oct :
Marie est très malade, fièvre et diarrhée, les contraignent à regagner Atar directement et à nous attendre tranquillement au camping.
Nous suivons le reste du groupe, nous traversons un petit cordon de dunes, pour arrivée au peids des ces grandes dunes que nous longeons, bien trop grande pour s’y aventurer !
Les plus courageux montent à pieds pour admirer le coucher du soleil.
Alternance de sable mou et de caillou, certains passages sont un petit peu technique, et surtout il faut dégonfler les pneus suffisamment pour ne pas s’ensabler puis regonfler pour ne pas crever.
Nous rencontrons en chemin une mare inespérée aux pieds des dunes, avec des oiseaux et de la verdure, cet endroit parait invraisemblable, il fait 40°C.
Après une ascension dans les rochers, nous arrivons à la passe de Tifoujar, la descente se fait dans le sable et arrivés en bas, plein gaz pendant 5 Km, sinon plantage assuré, certains ont testés, une bonne heure pour sortir.
Par la suite les enfants ont d’ailleurs baptisé le groupe « plantage TEAM ».
Nous retrouvons le goudron pour rentrer à Atar, où nous avons prévu de faire une journée de repos !
Jeudi 26 oct :
Nous poursuivons notre périple, par l’ancienne route de Chinguetti et la passe d’Amogiar.
La piste est assez cassante, avec de gros cailloux, au sommet sur le plateau des ruines construites pour le film « Fort Saganne » avec Gérard Depardieu et Sophie Marceau.
Nous faisons un petit détour, et trouvons un beau bivouac, au pied d’une dune « caractéristique de quelque chose ». Aujourd’hui c’est l’anniversaire de David !
Les enfants ont préparés un spectacle, Lou, Coline et Charlotte s’improvisent danseuses du ventre, Benji et Benoît joueurs de percussions, ils ont préparés une petite chanson sur l’air de « Au clair de la lune » façon mauritanien, « Prête moi ta plume » devient « t’as pas un stylo ! » c’est super !! Un gâteau a été préparé avec les moyens du bord. Musique et clignotant allumés, c’est la fête, Jean-Claude fait le DJ sur le 4X4.
Même si la famille et les amis nous manquent, nous sommes contents de cette soirée dans les dunes, le contexte est exceptionnel !!!
Vendredi 27 oct :
Au matin, nous partons à la recherche d’un cratère de météorite. Le cratère fait bien 800m de diamètre, mais le sable a recouvert les cailloux très recherchés, il faudrait creuser !
Après la passe de Zerga, nous revoilà dans du sable bien mou, et nous n’avons pas dégonfler après les cailloux!
Cette fois c’est nous, deux plantages sur 1km !! Et bien plantés !! Sortez les pelles !! Il fait chaud ! Heureusement Patrick et Max font demi tour pour nous aider et nous tire avec les sangles, OUF !!! C’est plus simple avec cette chaleur.
Bivouac un peu avant Chinguetti.
Samedi 28 oct :
Nous roulons dans l’Oued jusqu’à Chinguetti, la piste est sablonneuse et on ne s’arrête pas.
Nous arrivons au village vers 11h00, certain s’attendait à voir une ville plus grande. Chinguetti était une ville très importante à l’époque des caravanes transsaharienne, tous les nomades passaient par là. Elle pouvait accueillir jusqu’à 12000 chameaux par jour.
Les bibliothèques conservent de vieux livres, récits philosophiques de l’islam, des carnets de voyage….
La vieille ville a été complètement ensablée, une autre ville construite plus tard a été restaurée, les commerces se trouvent dans la nouvelle Chinguetti.
L’endroit est touristique, traversé par les agences de voyage, groupe de 4x4, on trouve quelques boutiques de souvenirs, c’est le début de la saison, les mauritaniens attendent avec impatience les avions qui se posent à Atar à partir de demain.
Nous déjeunons dans un petit resto, poulet frites, c’est un peu long mais nous nous régalons !
Nous reprenons la piste de Ouadane en milieu d’après midi et nous arrêtons en chemin pour bivouaquer dans une petite Oasis déserte, mais quelques locaux nous repèrent vite et viennent nous voir. Les bijoutières sont là.
Dimanche 29 oct :
Le lendemain nous découvrons le village de Douerart ou Tinigui, ce n’est plus qu’un champ de pierre.
Nous continuons vers Ouadane, petit arrêt à Tenoj, pour visite d’un musée typique.
A Ouadane, couscous au chameau, par contre on cherche vraiment les morceaux de viande !
Puis direction Guelb er Richat, bivouac à l’entrée.
Ce soir c’est mon anniversaire, les enfants ont écrits deux chansons, mais nous sommes envahis par les bijoutières qui ne veulent plus partir ! Les enfants sont déçus, il faut attendre un peu, et puis nous n’avons plus de bois pour le feu ! L’enthousiasme collectif s’efface derrière la fatigue.
Merci Coline, Charlotte, Benji et Benoit, c’était super !
De la part de « Monicac », compagnon de bivouac !
Lundi 30 oct :
Le Guel er Richat est une formation rocheuse très spécifique, formé de plusieurs cercles concentriques de chaînes montagneuses de 40 Km. On les observe très nettement vu d’avion ou sur une carte, rien de spectaculaire sur place. Toutefois on voit très bien ces reliefs disposés en arrondis au tour de nous une fois dedans. A l’origine, l’hypothèse d’un volcan en formation qui aurait avorté est de plus en plus confirmée.
Nous ressentons une atmosphère particulière d’arriver jusqu’ici sur les traces de grands voyageurs comme Théodore Monod, avec cet arbre au milieu où chacun à graver son nom.
De plus cette région est très riche d’histoire, gravures rupestres, et beaucoup d’objets de la pré-histoire retrouvés lorsque les dunes se déplacent…..
Nous arrivons ensuite au cirque d’El Beyed, là nous prenons le temps de visiter un musée de la pré histoire, ce mauritanien nous explique avec beaucoup d’enthousiasme les différents objets qu’il a réuni ici. Des œufs d’autruche, des dents d’éléphants et autres, témoignent d’une vie animale, il y a quelques dizaines de milliers d’années.
Nous empruntons une autre piste pour rentrer à Atar, nous suivons ces belles dunes, certains vont faire un peu joujou et s’en souviendront, un beau plantage pour Max en dévers fait transpirer un peu le groupe. Pierrot pendant ce temps continue son chemin et du coup nous le perdons pendant une journée. Le seul qui n’a pas de CB, impossible de le retrouver, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin !
Après longue réflexion, nous décidons de rentrer à Atar pour voir s’il n’a pas pris une autre piste. Nous nous rassurons « Pierrot a déjà fait la Mauritanie plusieurs fois tout seul ».
Mais il a quand même 76 ans, s’il est planté dans une dune, dur, dur tout seul …..
Nous scrutons l’horizon toute la journée avec nos jumelles, rien.
Nous rencontrons un 4x4 de l’armée et nous les prévenons. A notre arrivée au camping, il n’est pas là, mais il ne tardera pas.2h00 après Pierrot arrive un peu fatigué mais souriant au volant de son Toyota, avec ces grandes lunettes noires et sifflotant sur un air de jazz comme à l’habitude.
Il s’est ensablé et puis il nous a cherché aussi et enfin il a rencontré le 4X4 de l’armée qui l’a prévenu que nous étions à Atar, donc il est rentré. Son récit est beaucoup plus pitoresque, ce Pierrot c’est vraiment un personnage !
Jeudi 2 nov :
Journée repos, nous prenons le frais à l’oasis de Terjit, l’endroit est magnifique, nous pouvons nous baigner dans ces petits bassins naturels, ça fait du bien !!
Le moment est venu de nous séparer, après une dernière soirée au camping d’Azougui, nous quittons Pierrot, Henry Pierre, Béa et Lou avec beaucoup d’émotion.
Le lendemain, nous rejoignons le reste du groupe à Nouakchott, pour passer également une petite soirée avec eux avant que les enfants reprennent l’avion. De retour dans une grande ville, nous pouvons apprécier une bonne bière bien fraîche.
Nous quittons Cathy, Jean Claude, Patrick, Marie et les enfants avec également émotion.
Samedi 4 nov :
Après avoir consulté nos messages, je m’active pour la mise à jour du site. Nous sommes à l’auberge Menata chez Olivia, c’est pratique car au centre ville, mais un peu bruyant !
D’autant plus que la campagne pour les élections municipales a commencé, et on entend à longueur de journée des slogans pour les différents candidats.